Une larme de sueur descend de ma tempe, elle contourne ma joue avant d'entreprendre mon cou. Les sens en éveil, l'abstinence de ces derniers mois, la brûlure du soleil et cette incertitude de toi. La larme roule doucement, et tandis qu'elle descend, je poursuis mon ascension, vivement.
Le sentier raide longe la falaise mais au détour d'un virage ombragé, je peux m'abreuver de fraîcheur et, pour un instant, me poser. Mais la hâte qui est mienne a tôt fait de me presser et les colonies de fourmis invasives n'invitent pas à rester. Je poursuis mon chemin sous le plomb sans pitié, le fil de mes pensées se consume en rêveries plus brûlantes que lui. D'une main, parfois, je frôle mon sein dont le bout insolent se contracte et durcit. L'abandonnant aussitôt pour mieux y revenir, je me questionne et raisonne mais c'est sans avenir.
Le ruisseau qui cascade, en dessous, de son chant entêtant n'est déjà plus qu'un murmure qui se dissipe doucement. Bientôt, j'aperçois au loin l'escarpement et l'alcôve qu'il abrite. Alentour tout est endormi, au repos sous le soleil à son zénith. Mon souffle est court mais mon pas rapide, il me tarde ce moment, il me tarde de savoir et, fol espoir, de te voir. Rendez-vous incertain autant que clandestin, en ce jour où l'on fête la prudence moi je renonce à la méfiance.
Le défilé rocheux m'offre son ombrage, après lui c'est l'escalade du pic qui mène au but de ce voyage. Quelque peu meurtrie par la roche poreuse, J'émerge enfin de cette ascension douloureuse. Le spectacle promit est bien tel que tu me l'avais décrit, mes jambes chancellent et l'émerveillement m'envahit. La voici enfin cette alcôve, avec son passé, son histoire et son balcon de grès aussi froid au regard que brûlant au toucher. Je devine aisément que ce lieu est un havre de vie, qu'elle grouille ou repose dans l'attente d'une heure plus clémente, elle est là partout, bien présente. Chaque buisson, chaque rocher, est ici habité.
Mais de toi, pas de trace.
En nage et lasse, j'avance sur le balcon, le soleil m'éclabousse, je lui offre mon front. L'astre flamboyant insiste de sa chaleur et je m'enivre de ma propre odeur. Le désir gronde en mon ventre pour répondre à l'appel de ce Phœnix orgueilleux et c'est nue que je m'étends, seule où nous aurions dû être deux. Ton absence ne me surprend pas, elle est de ces promesses que l'on ne tient pas.
Une brise légère se lève qui accompagne la caresse du soleil, je me sens voluptueuse comme du miel. Les yeux fermés pour mieux voir ce feu éternel, je m'offre, impudente, à cette main faite de souffle et de chaleur. La brise se fait moins légère, elle s'engouffre entre mes cuisses, s'attarde sur mes seins, et je cambre les reins. Un frôlement sur ma hanche et je frémis d'impatience. Le désir trop longtemps contenu doit me faire perdre la raison, je jurerais ton odeur dans cette marée de passions. Le temps doit virer à l'orage, les mains du vent se font lourdes et pressantes tandis qu'un nuage sans doute me prive des langues de soleil. Mais ce poids sur mon corps n'a plus rien d'aérien, le souffle à mon oreille semble tout à fait humain. J'ouvre les yeux n'y croyant pas encore tout à fait et je reçois ton regard à la fois fiévreux et amusé. Ton membre impatient pénètre mes chairs lentement et ta voix me susurre doucement "Je ne pouvais pas ne pas être là, je ne pouvais pas ne pas être en toi...". Le soleil et le vent se disputent nos corps d'amants, alors ni questions, ni raisons, demain sera ce qu'il doit être, ce temps n'est pas le sien, c'est le temps du présent.

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Commentaires
la plume te chatouillait ^^
caro108joli ;)
Oui, elle me chatouille souvent mais elle est perturbée par les balises...
AngeMerci^^