La course au mouton sauvage m'a encore une fois parlé de voyage. Un voyage aux multiples facettes où la découverte de la culture nippone m'a entraînée dans une montagne sauvage et déserte. Un voyage qui, bien sûr, n'est qu'un prétexte pour mieux se découvrir soi-même, s'explorer, s'envisager sans aménité et avec honnêteté.
Le narrateur, enchaîné malgré lui à une quête impossible, doit retrouver un mystérieux mouton sauvage portant étoile sur le dos. Ce mouton-là est unique, il habite les hommes, un par un. Il s'en nourri jusqu'à la moelle, les asservi de l'intérieur, puis les rejette, épuisés, mourants et aliénés. Son but? Dominer le monde.
Un roman, l'un des tous premiers de Murakami, a la plume légère mais trempée dans une encre changeante et emmêlée. La trame flirte avec le délicieusement absurde, les paysages ont leur propre existence qu'ils mènent avec lenteur et indifférence, les personnages sont surréalistes à souhait et l'humour, piquant, vif et bien dosé me fait dire "Encore".
La course au mouton sauvage se déguste comme un de ces chocolats fondants qui recèlent en leur cœur une noisette croustillante. Les cent premières pages m'ont laissée perplexe. Traînant en longueur et manquant de profondeur, elles auraient pu me décevoir. Mais bientôt on sent poindre la noisette, on la sait savoureuse alors même qu'elle est encore bien enrobée. On se demande alors à quel moment on est passé de l'autre côté du miroir, la vérité étant qu'on n'a cessé de le traverser d'un côté, puis de l'autre, indéfiniment.
Une nouvelle fois, Murakami m'a emportée dans un univers où le surnaturel cohabite en harmonie avec la réalité, je l'ai trouvé là où je ne m'y attendais pas et il n'était pas là où je pensais. Il en est ainsi de la fin également, elle arrive comme par surprise, déstabilisante, inattendue. Comme si la noisette avait été croquée trop vite et que l'on reste avec cette envie de douceur croustillante alors que le paquet est vide.
La course au mouton sauvage m'a dit que la solitude, souhaitée ou forcée, peut être un remède à soi-même, à l'enlisement volontaire dans lequel on se fourvoie jour après jour. Mais il m'a dit aussi combien il est bon le retour parmi les hommes et combien alors, tout est encore permis, si tant est qu'on le désire.


Commentaires
La vie est donc une boite de chocolat ? On a beaucoup à apprendre de Forest Gump, ne serait-ce que d'embrasser Robin Wright (soupir).
enordredNon je déconne bien sur (sauf pour Robin Wright) ça a l'air sympa ce bouquin, mais moi ma solitude j'y tiens beaucoup lol